Guide · Réglementation & DPE

Location d'une passoire thermique : règles, risques et solutions

Vous vous demandez si un logement classé F ou G peut encore être proposé en location ? Entre DPE, interdiction de louer, gel des loyers et travaux de rénovation énergétique, les règles ont beaucoup évolué. Voici un guide clair pour comprendre vos obligations, vos droits et les solutions concrètes pour améliorer la performance énergétique du logement.

Travaux et équipements : quelles solutions pour améliorer le DPE d’un logement en location ?

SolutionCoût d'achat / travauxImpact sur les chargesAides possiblesIdéal pour
Isolation des combles2 500 à 6 000 €Baisse sensible des pertes de chaleurOui, selon revenus et parcours de rénovationMaison avec toiture mal isolée
Isolation des murs8 000 à 20 000 €Très bon levier sur la consommationOuiLogement classé F ou G avec parois froides
PAC air/eau9 000 à 16 000 € pose compriseForte baisse du coût d’usage si logement adaptéOui, aides élevées possiblesMaison avec chauffage central à remplacer
PAC air/air4 000 à 10 000 €Baisse des dépenses par rapport à des convecteursAides plus limitéesPetite maison ou appartement bien isolé
Chaudière gaz à condensation4 500 à 8 500 €Gain modéré selon équipement existantAides très limitéesRemplacement ponctuel quand le gaz est déjà en place
Poêle à granulés4 000 à 7 500 €Usage économique avec combustible maîtriséOui, selon conditionsMaison ou grand séjour en chauffage principal ou appoint
Remplacement des fenêtres500 à 1 000 € par fenêtreConfort accru, gain DPE variableOui, mais rarement prioritaire seulFenêtres simples vitrages ou très anciennes
Ventilation / VMC1 500 à 4 000 €Améliore humidité et cohérence des travauxParfoisLogement rénové avec problèmes d’air ou de condensation
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Qu'est-ce qu'une passoire thermique ?

Une passoire thermique est un logement très énergivore, c’est-à-dire un bien dont la consommation d’énergie est élevée et dont la performance énergétique est mauvaise. Dans la pratique, cette expression vise surtout les logements classés F ou G au DPE, le diagnostic de performance énergétique. Ce diagnostic attribue une classe de A à G à partir de la consommation du logement, exprimée en kWh/m²/an, et de son niveau d’émissions.

Concrètement, un bien mal classé coûte plus cher à chauffer, perd rapidement la chaleur en hiver et peut devenir inconfortable en été. Pour le locataire, cela se traduit souvent par des factures élevées, des parois froides, de l’humidité ou une température difficile à maintenir. Pour le propriétaire, cela pèse sur la valeur du bien, la mise en location et parfois le montant du loyer.

Comment lire le DPE d’un logement ?

Le DPE mesure la consommation annuelle du logement et sa performance énergétique globale. Plus la classe est proche de A, plus le bien est sobre ; plus elle se rapproche de G, plus il est énergivore. Les logements classés F et G sont les plus visés par les règles de rénovation énergétique, car ils dépassent les seuils de décence énergétique attendus dans le parc immobilier en France.

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Calendrier et interdictions de location

Le calendrier réglementaire s’est construit par étapes pour faire disparaître progressivement les passoires thermiques du marché locatif. L’idée n’est pas seulement de réduire la consommation d’énergie en France, mais aussi d’améliorer la décence du logement et de protéger les locataires contre des charges excessives.

À retenir : l’interdiction de louer dépend du classement du DPE et de la date concernée. Un bien très dégradé sur le plan énergétique peut donc devenir impropre à la location, même s’il est par ailleurs en bon état apparent. C’est pourquoi un propriétaire bailleur a intérêt à anticiper les travaux plutôt qu’attendre une remise en conformité dans l’urgence.

Dates clés : 2025, 2026, 2028 et 2034

Le 1er janvier 2025 marque une date clé : les logements classés G les plus énergivores entrent dans le champ de l’interdiction de louer au titre de la décence énergétique. En 2028, l’interdiction de location s’étend aux logements classés F. Puis à l’horizon 2034, les logements classés E seront à leur tour concernés. Ces échéances structurent déjà les décisions de travaux, de rénovation et de financement.

Vous verrez parfois aussi la date 2026 dans les contenus sur le sujet, car elle correspond à une période de transition, de débats réglementaires et d’application pratique selon les situations. Dans tous les cas, le message reste le même : plus le bien est mal classé, plus le risque de blocage en location augmente. Pour louer sereinement, mieux vaut viser une amélioration réelle du DPE plutôt qu’un simple correctif ponctuel.

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Obligations et risques pour le propriétaire

Le propriétaire doit remettre au locataire un DPE valide lors de la mise en location, mentionner la classe énergétique dans l’annonce et louer un logement respectant les critères de décence. Le diagnostic de performance énergétique n’est donc pas un document secondaire : il engage la transparence du bail et oriente les droits du locataire. En cas d’information erronée ou de manquement, le bailleur peut se retrouver exposé à des contestations, à une pression sur le loyer ou à une obligation de réaliser des travaux.

Le risque n’est pas seulement juridique. Un bien mal noté attire moins de candidats solvables, se loue plus difficilement et peut entraîner davantage de vacance locative. Dans un contexte immobilier tendu, un logement énergivore devient souvent plus coûteux à conserver sans travaux qu’à rénover intelligemment.

DPE et bail

Le DPE fait partie des diagnostics à remettre au locataire. Il informe sur la consommation du logement, ses émissions et sa classe. Si le bien devient non conforme aux exigences de décence énergétique, la question de la poursuite ou du renouvellement du bail peut se poser, notamment lors d’une nouvelle mise en location.

Décence énergétique et gel des loyers

Pour les passoires thermiques, le gel des loyers s’applique déjà dans de nombreux cas : un propriétaire ne peut pas augmenter librement le loyer d’un logement classé F ou G, y compris lors d’un nouveau bail ou d’un renouvellement, selon la situation. Autrement dit, tant que la rénovation énergétique n’est pas engagée, la rentabilité du bien peut être directement pénalisée.

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Solutions pour améliorer le DPE

Pour sortir durablement d’une passoire thermique, il faut traiter les causes principales des pertes d’énergie. Dans la plupart des logements, le meilleur ordre consiste à sécuriser d’abord l’enveloppe du bien, puis à moderniser le système de chauffage, la production d’eau chaude et la ventilation. Changer un équipement sans corriger les déperditions donne souvent un résultat limité sur la consommation et la classe du DPE.

Le bon projet de rénovation dépend du type de logement, de son année de construction, de la présence d’une copropriété, du système existant et du budget du propriétaire. Une maison chauffée à l’électricité ancienne n’aura pas les mêmes priorités qu’un appartement au gaz avec murs froids. D’où l’intérêt d’une étude globale avant de lancer les travaux.

Isolation

L’isolation reste souvent le premier levier. Les combles, la toiture et les murs représentent une grande part des pertes de chaleur. Dans un logement classé F ou G, isoler les combles peut déjà faire baisser fortement la consommation ; l’isolation des murs apporte ensuite un gain plus structurant, surtout si les façades sont peu performantes. Les fenêtres améliorent le confort, mais elles ne suffisent pas toujours à elles seules pour changer de classe.

Chauffage, ventilation et vitrage

Une fois les déperditions réduites, le remplacement du système de chauffage peut faire progresser nettement le DPE. Une pompe à chaleur, un poêle à granulés ou une chaudière biomasse peuvent réduire les dépenses d’usage selon le logement. La ventilation compte aussi : un bien mieux isolé doit rester sain, sans humidité ni condensation. Enfin, le vitrage améliore surtout le confort et l’étanchéité à l’air quand l’existant est très ancien.

Comparer les principales technologies

Voici les grandes solutions de chauffage que l’on retrouve le plus souvent dans les projets de rénovation énergétique. Le bon choix dépend toujours du logement, de son isolation, de la place disponible et de votre objectif DPE.

PAC air/eau

Très pertinente dans une maison avec chauffage central, la PAC air/eau réduit souvent la consommation par rapport à une vieille chaudière. Elle demande toutefois un logement assez cohérent thermiquement et un dimensionnement sérieux pour bien fonctionner.

PAC air/air

Elle est plus accessible à l’achat et peut remplacer avantageusement des convecteurs électriques. En revanche, elle chauffe par soufflage, ne produit pas d’eau chaude sanitaire et son intérêt est plus fort dans un logement déjà correctement isolé.

Chaudière gaz

Une chaudière gaz récente peut améliorer l’existant si le réseau est déjà en place. Son intérêt baisse toutefois dans une stratégie long terme de rénovation énergétique, car les aides sont limitées et le gain DPE reste souvent inférieur à celui d’autres solutions.

Poêle à granulés

Le poêle à granulés offre un coût d’usage souvent compétitif et peut bien convenir à une maison ou à un grand volume de vie. Il chauffe moins uniformément tout le logement qu’un système central et suppose de gérer stockage, entretien et alimentation en combustible.

Poêle ou insert bois

Le bois bûche séduit par son coût combustible et son caractère local. En contrepartie, l’usage est plus contraignant au quotidien, et cette solution convient surtout en chauffage principal de zone ou en appoint.

Chauffage électrique

Des radiateurs récents sont simples à poser, mais l’électricité directe reste souvent pénalisante dans un logement mal isolé. Sans travaux sur l’enveloppe, le gain sur la performance énergétique du logement reste généralement limité.

Biomasse

Chaudières à granulés ou autres équipements biomasse peuvent offrir un bon niveau de performance et de faibles émissions. Elles demandent en revanche davantage de place, un budget plus élevé et une logistique de stockage à prévoir.

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Aides et financements disponibles

Le coût des travaux de rénovation énergétique peut sembler élevé, mais plusieurs aides existent pour alléger l’investissement. Le montant mobilisable dépend du profil du propriétaire, du logement, du gain attendu, du type de travaux et du recours à des entreprises qualifiées RGE. Il faut aussi distinguer les aides pour un geste simple et celles qui soutiennent une rénovation plus globale.

Pour un bailleur, l’enjeu est double : financer les travaux tout en sécurisant la possibilité de louer. Dans beaucoup de cas, une opération bien pensée améliore la valeur du bien, réduit la vacance locative et limite le risque de blocage réglementaire lié au DPE.

MaPrimeRénov’ et aides publiques

MaPrimeRénov’ peut participer au financement de certains travaux de rénovation énergétique, avec des montants variables selon les revenus, le gain énergétique et le parcours choisi. D’autres aides peuvent s’ajouter : certificats d’économies d’énergie, aides de l’Anah, TVA réduite ou subventions locales. Pour les logements très énergivores, les rénovations d’ampleur sont souvent les plus cohérentes pour franchir un cap sur le DPE.

Prêts, éco-PTZ et copropriété

L’éco-prêt à taux zéro permet de financer une partie des travaux sans intérêts, sous conditions. En copropriété, certains travaux comme l’isolation par l’extérieur, la ventilation ou le changement d’équipement collectif nécessitent un vote et un calendrier partagé. Cela rallonge parfois les délais, ce qui renforce l’intérêt d’anticiper avant 2028 ou 2034 selon la classe du logement.

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Que faire si vous êtes locataire ?

Si vous vivez dans une passoire thermique, commencez par vérifier le DPE annexé au bail et par relever les symptômes concrets : factures très élevées, pièces difficiles à chauffer, humidité, courants d’air, inconfort durable. Ces éléments vous aideront à dialoguer avec le propriétaire sur une base factuelle. Dans certains cas, les locataires peuvent demander des explications, des travaux ou une mise en conformité.

L’objectif n’est pas de transformer chaque désaccord en conflit, mais de faire reconnaître le problème et de trouver une solution. Plus le dossier est clair, plus les démarches avancent vite : copie du bail, du DPE, échanges écrits, photos, relevés de consommation, devis éventuels.

Vos droits

Le locataire a droit à un logement décent. Si le bien ne respecte pas les critères de décence énergétique, il peut demander au propriétaire de réaliser les travaux nécessaires. Le gel des loyers protège aussi les locataires de certaines hausses sur les logements classés F ou G.

Démarches pratiques

Dans l’ordre, vous pouvez : 1) relire le bail et le DPE, 2) écrire au propriétaire ou au bailleur pour signaler le problème, 3) demander un plan de travaux, 4) vous rapprocher d’un service public d’information sur le logement en cas de blocage. Pour les cas complexes, mieux vaut se faire accompagner afin de vérifier les règles applicables à votre situation précise.

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Nos conseils pour bien choisir

Si vous êtes propriétaire, la vraie question n’est plus seulement "puis-je encore louer ?" mais "quels travaux réaliser pour sécuriser la location dans la durée ?". Sur une passoire thermique, les actions les plus rentables sont rarement isolées. Un logement classé F ou G sort plus facilement de cette zone à risque avec une rénovation cohérente : isolation ciblée, système de chauffage mieux dimensionné, ventilation adaptée et estimation réaliste des aides.

Chez Bois & Chauffage, nous vous aidons à transformer ces obligations en projet concret : étude du logement, choix des solutions techniques, estimation des aides, installation et suivi. Si vous voulez savoir quels travaux peuvent réellement améliorer le DPE de votre logement en location, le plus simple est de demander une étude gratuite et personnalisée.

Questions fréquentes

Puis-je louer une passoire thermique ?
Cela dépend de sa classe au DPE et de la date. Depuis le 1er janvier 2025, certains logements classés G ne peuvent plus être proposés en location au titre de la décence énergétique. Le calendrier se durcit ensuite pour les logements classés F en 2028 puis E en 2034.
Quel DPE ne peut plus être loué ?
Les logements les plus mal classés sont progressivement exclus de la location. Aujourd’hui, les biens classés G sont les premiers concernés, puis viendront les logements classés F et ensuite E selon le calendrier réglementaire.
Puis-je louer mon bien classé F ?
À ce jour, un logement classé F peut encore être loué dans certaines situations, mais il subit déjà des contraintes fortes, notamment sur le loyer. Surtout, l’interdiction de location des classés F est prévue pour 2028. Attendre expose donc à devoir réaliser les travaux dans des délais plus serrés.
Quel est le loyer d’un logement passoire thermique ?
Il n’existe pas de loyer unique pour une passoire thermique. En revanche, un logement classé F ou G peut être soumis au gel des loyers, ce qui limite ou empêche certaines augmentations. En pratique, une mauvaise étiquette énergétique pèse souvent sur l’attractivité du bien et peut tirer le loyer vers le bas.
Quels travaux font le plus progresser le DPE ?
Les gains les plus nets viennent souvent d’un ensemble cohérent : isolation des combles ou de la toiture, isolation des murs, amélioration du système de chauffage, ventilation adaptée et parfois remplacement des fenêtres. Le bon ordre dépend du logement et de son état réel.
Quelles aides pour rénover un logement énergivore en location ?
Vous pouvez mobiliser, selon votre situation, MaPrimeRénov’, l’éco-prêt à taux zéro, certaines aides de l’Anah, les certificats d’économies d’énergie et parfois des aides locales. Le niveau de prise en charge dépend du type de travaux, des revenus, du gain énergétique et du respect des conditions d’éligibilité.

Besoin d’y voir clair sur les travaux à prévoir ?

Nous étudions votre logement, vos contraintes de location, les solutions techniques adaptées et les aides mobilisables pour améliorer la performance énergétique du bien.

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