Guide · Réglementation & DPE

Loi passoire thermique : ce qu’il faut savoir pour 2025 et après

La loi sur les passoires thermiques change concrètement la location des logements les plus énergivores. Si vous êtes propriétaire, bailleur ou locataire, vous avez surtout besoin de savoir trois choses : si votre logement est concerné, à partir de quand, et quels travaux réaliser pour sortir d’une mauvaise classe DPE. Voici un guide simple pour comprendre les règles, estimer les bons postes de rénovation énergétique et préparer un plan d’action réaliste.

Travaux de rénovation : quelles solutions envisager pour améliorer le DPE ?

SolutionCoût d'achat / travauxImpact sur le DPECoût d'usageAidesIdéal pour
Isolation des combles2 000 à 6 000 €Fort si déperditions par la toitureTrès faible ensuiteOuiMaison avec combles mal isolés
Isolation des murs8 000 à 20 000 €Très fortTrès faible ensuiteOuiLogement ancien très déperditif
PAC air/eau10 000 à 16 000 €Fort si remplacement d'une vieille chaudièreFaible à modéréOuiMaison avec chauffage central
PAC air/air4 000 à 12 000 €Moyen à fort selon le logementFaible à modéréAides plus limitéesMaison ou appartement sans réseau hydraulique
Chaudière gaz à condensation4 000 à 7 500 €MoyenModéré à élevé selon le prix du gazAides réduitesRemplacement simple en logement déjà raccordé
Poêle à granulés3 500 à 7 500 €Moyen à fort en appoint principal de zone de vieFaible à modéréOuiMaison bien agencée ou rénovation par étapes
Radiateurs électriques performants1 500 à 5 000 €Faible à moyenSouvent élevéPeu d'aidesPetit logement bien isolé
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Qu’est-ce qu’une passoire thermique ?

Une passoire thermique est un logement dont la performance énergétique est très mauvaise. En pratique, on parle surtout des logements classés F ou G au DPE, le diagnostic de performance énergétique. Cette classe reflète à la fois la consommation d’énergie et l’impact en émissions. Plus la note est basse, plus le bien est énergivore, coûte cher à chauffer et peut être inconfortable en hiver comme en été.

Le DPE exprime notamment une consommation théorique en kWh par mètre carré et par an. C’est ce chiffre, avec l’étiquette de A à G, qui sert de base à la loi. En France, ces logements sont nombreux dans l’ancien, surtout quand l’isolation est faible, que les menuiseries sont anciennes ou que l’appareil de chauffage est vétuste. Pour le propriétaire comme pour le locataire, les conséquences sont concrètes : factures élevées, inconfort et contraintes croissantes en immobilier.

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Qui est concerné et que risque-t-on ?

Les premiers concernés sont les propriétaires bailleurs. Si vous mettez un bien en location, vous devez vérifier sa classe DPE et son niveau de décence. En cas de logement trop énergivore, vous pouvez faire face à une impossibilité de louer, à un gel des loyers, à des demandes de travaux ou à un litige avec le locataire. En copropriété, la situation peut être plus complexe si une partie des travaux dépend des parties communes, comme l’isolation par l’extérieur ou le changement d’un équipement collectif.

Les locataires sont aussi concernés, car la nouvelle loi renforce leurs droits dans les logements les plus énergivores. À partir de janvier 2025, un locataire peut davantage s’appuyer sur le diagnostic et sur les critères de décence pour demander une mise en conformité. Pour les propriétaires, le risque est autant financier que juridique : vacance locative, baisse du loyer possible, négociation à la baisse à la vente, et perte de valeur du bien si la rénovation tarde.

Est-il interdit de vendre une passoire thermique ?

Non. Il n’y a pas d’interdiction de vendre une passoire thermique. En revanche, le DPE et parfois l’audit énergétique doivent être remis à l’acheteur selon le type de bien concerné. Le marché immobilier tient désormais beaucoup compte de cette classe énergétique : un logement classé F ou G se revend souvent moins bien et oblige l’acquéreur à intégrer des travaux dans son budget.

Quelle est la nouvelle loi pour les locataires en 2025 ?

Depuis le 1er janvier 2025, la réglementation renforce l’exigence de décence énergétique pour certains logements G. Pour le locataire, cela signifie qu’un bien trop énergivore ne peut plus être proposé dans les mêmes conditions à la location, et qu’il existe plus de leviers pour demander des travaux ou contester un logement non conforme.

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Comment savoir si votre logement est une passoire

La première étape consiste à consulter le DPE du logement. Ce diagnostic de performance énergétique est obligatoire dans la plupart des projets de vente et de location. Vous devez regarder la classe affichée, de A à G, mais aussi les données de consommation, les émissions et les recommandations de travaux. Si le bien est classé F ou G, il entre dans la catégorie des passoires thermiques. Le document mentionne aussi les postes les plus pénalisants : isolation, ventilation, chauffage, eau chaude.

Pour prouver qu’un logement est une passoire thermique, le DPE reste la référence. Si vous êtes locataire et que vous avez un doute, demandez ce diagnostic au propriétaire. Si vous êtes propriétaire, vérifiez qu’il est à jour. En cas d’erreur manifeste, un nouveau diagnostic peut être demandé auprès d’un diagnostiqueur compétent. On peut aussi compléter avec un audit énergétique ou une étude thermique plus détaillée pour préparer des travaux de rénovation cohérents et prioriser les postes qui font vraiment gagner des lettres.

Que lire sur un DPE ?

Repérez la classe énergétique, la consommation annuelle en kWh/m²/an, l’étiquette climat, puis les recommandations. Si le document indique des murs peu isolés, une toiture très déperditive ou un ancien système de chauffage, vous avez déjà une feuille de route. Le plus utile n’est pas seulement de savoir que le bien est mal classé, mais de comprendre pourquoi.

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Sortir du statut : travaux, coûts et aides

Pour sortir d’une passoire thermique, il faut éviter le réflexe du remplacement isolé de l’équipement. Dans beaucoup de logements, la rénovation énergétique commence par l’enveloppe : isolation des combles, des murs, traitement des fuites d’air, parfois remplacement des fenêtres. Ensuite, le système de chauffage prend le relais pour réduire la consommation. C’est souvent la combinaison des deux qui permet de gagner 2 lettres au DPE et de sortir durablement des classes F ou G.

Le bon ordre des travaux dépend du logement, de sa surface, de sa zone climatique, de la ventilation, du mode de vie des occupants et du budget. Une maison chauffée au fioul ou avec de vieux convecteurs peut progresser rapidement avec une isolation ciblée puis une PAC air/eau ou un poêle à granulés. À l’inverse, dans un appartement en copropriété, les marges de manœuvre sont parfois plus limitées et certains travaux doivent être décidés collectivement.

Travaux prioritaires

L’isolation reste le premier levier dans la majorité des cas. Les combles et la toiture peuvent représenter une part majeure des pertes, puis viennent les murs, le plancher bas et la qualité des menuiseries. Une fois les déperditions réduites, le remplacement d’un ancien appareil de chauffage améliore plus nettement la performance énergétique et les factures. Pour les postes techniques, voici les grandes solutions à comparer de façon réaliste :

PAC air/eau : très pertinente en rénovation quand le logement dispose d’un circuit de chauffage central. Elle peut améliorer fortement le DPE et réduire la consommation, mais elle demande un dimensionnement sérieux et un logement déjà un minimum isolé.

PAC air/air : plus accessible à l’achat, intéressante pour remplacer des radiateurs électriques ou chauffer certaines zones. Elle n’alimente pas un réseau de radiateurs à eau et son impact dépend beaucoup de la configuration du logement.

Chaudière gaz : elle peut rester une option de transition dans un logement raccordé, surtout pour remplacer un ancien modèle. Son gain sur le DPE existe, mais il est souvent moins marqué qu’avec une pompe à chaleur, et les aides sont plus limitées.

Poêle à granulés : bon levier pour baisser la consommation dans une maison ou une grande pièce de vie, avec un coût d’usage souvent maîtrisé. En revanche, la diffusion de chaleur n’est pas homogène dans tous les volumes et il faut gérer l’approvisionnement.

Poêle ou insert bois : intéressant si vous avez accès à un combustible local et un usage régulier. Le budget peut être contenu, mais le confort dépend de la distribution de chaleur et de la manutention du bois.

Chauffage électrique : simple à installer, peu coûteux au départ, mais rarement suffisant seul pour sortir un logement très dégradé du statut de passoire thermique. Son coût d’usage reste souvent élevé si l’isolation est moyenne.

Biomasse : chaudières à granulés ou à bûches, très efficaces dans certains projets de maison. Elles demandent plus de place, un stockage adapté et un budget initial plus élevé.

Aides et financements

Les aides peuvent alléger nettement le coût des travaux, surtout si vous visez un vrai saut de classe. MaPrimeRénov, les primes CEE, l’éco-PTZ, la TVA réduite et certaines aides locales peuvent se cumuler selon votre situation, le revenu du foyer, le type de logement et la nature des travaux. Pour un bailleur ou un propriétaire occupant, l’essentiel est de monter un projet cohérent plutôt qu’une suite de petits gestes peu efficaces.

Les aides favorisent souvent les opérations qui améliorent réellement la performance énergétique : isolation, remplacement d’une vieille chaudière, installation d’une pompe à chaleur, parfois ventilation. Pour sécuriser votre budget, il est utile de faire réaliser une étude globale avant de signer quoi que ce soit. Cela permet de viser les bons travaux, de vérifier l’éligibilité à MaPrimeRénov et d’éviter un investissement qui ne ferait gagner qu’une seule classe, voire aucune.

Estimer le budget

Pour une rénovation légère, le budget peut commencer autour de quelques milliers d’euros avec l’isolation des combles ou un poêle performant. Pour un logement classé F ou G qui doit sortir rapidement de cette catégorie, il faut souvent envisager un budget plus large, de 15 000 à 40 000 € selon la surface, l’état du bâti et les équipements en place. Un scénario fréquent pour passer de F à D consiste à isoler les combles, traiter les murs les plus pénalisants et remplacer une vieille chaudière par une PAC air/eau.

Si votre objectif est de gagner 2 lettres au DPE, cherchez les postes qui cumulent impact énergétique et faisabilité. Une bonne rénovation ne consiste pas à multiplier les équipements, mais à choisir les bonnes priorités. C’est particulièrement vrai pour le chauffage : une solution bien dimensionnée dans un logement mieux isolé donnera de meilleurs résultats qu’un appareil très performant installé dans un bâti qui laisse partir la chaleur.

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Nos conseils pour bien choisir

Face à la loi passoire thermique, le plus efficace est d’avancer dans le bon ordre : vérifier le DPE, comprendre les causes de la mauvaise classe, puis bâtir un plan de rénovation réaliste. Pour certains logements, l’isolation suffira à débloquer la situation. Pour d’autres, le vrai déclic viendra d’un changement de chauffage ou d’une rénovation plus globale. Le bon choix dépend toujours du bâti, du budget, de l’usage du bien et du calendrier de location.

Chez Bois & Chauffage, nous vous aidons à transformer une contrainte réglementaire en projet clair : étude, estimation des aides, sélection du matériel adapté, installation et suivi. Si vous souhaitez savoir comment sortir votre logement des classes F ou G, quelles solutions de chauffage envisager et quel budget prévoir, une étude gratuite vous permettra d’y voir clair avant de lancer les travaux.

Questions fréquentes

Comment prouver que son logement est une passoire thermique ?
Le document de référence est le DPE. Si le logement est classé F ou G, il est considéré comme une passoire thermique. Pour aller plus loin, un audit énergétique ou une étude thermique peut préciser les travaux à réaliser.
Comment gagner 2 lettres au DPE ?
Le plus souvent, il faut combiner isolation et amélioration du chauffage. Par exemple : combles + murs + remplacement d’une vieille chaudière par une PAC air/eau. Le gain dépend du point de départ du logement et du bon dimensionnement des travaux.
Un locataire peut-il contester un logement trop énergivore ?
Oui. Si le logement ne respecte pas les critères de décence énergétique ou si le DPE révèle une situation problématique, le locataire peut demander des explications, des travaux ou engager des démarches selon le cadre applicable.
La vente d’un logement classé F ou G est-elle bloquée ?
Non, la vente reste possible. En revanche, la mauvaise classe énergétique pèse souvent sur la négociation, le délai de vente et le montant des travaux à prévoir pour l’acheteur.
Quelles aides existent pour rénover une passoire thermique ?
Les principales aides sont MaPrimeRénov, les primes CEE, l’éco-PTZ, la TVA réduite et parfois des aides locales. Les montants dépendent du type de travaux, du gain énergétique visé et de votre situation.
Faut-il commencer par l’isolation ou par le chauffage ?
Dans beaucoup de cas, l’isolation doit venir en premier ou au moins être pensée en même temps. Un nouvel équipement de chauffage sera plus efficace dans un logement qui perd moins de chaleur.

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