Guide · Ramonage

Ramonage obligatoire : que dit la loi, concrètement ?

Vous avez une cheminée, un poêle ou une chaudière et vous voulez savoir ce que la loi impose vraiment ? Depuis le Décret n°2023-641 du 20 juillet 2023, les règles sur l’entretien et le ramonage des conduits sont mieux cadrées. Voici l’essentiel, en langage simple, pour savoir qui doit faire quoi, à quelle fréquence, et quelles preuves conserver.

Fréquences et points de vigilance selon l’appareil

AppareilFréquence usuelleConduit concernéPreuve à garderVigilance principaleBudget indicatif
Poêle à bois1 à 2 fois/an selon usage et règles localesConduit de fumée + raccordementCertificat de ramonageSuie, bistre, risque d’incendie60 à 120 €
Poêle à granulés1 à 2 fois/anConduit de fumée + raccordementCertificat + entretien annuel de l’appareilCendres fines, encrassement, sécurité80 à 180 €
Cheminée à foyer ouvertSouvent 2 fois/an selon zoneConduits de fuméeCertificat de ramonageDépôts importants, fumées, tirage70 à 130 €
Insert / foyer fermé1 à 2 fois/anConduit + raccordementCertificatEncrassement lié au bois humide70 à 130 €
Chaudière gazSelon réglementation applicable et usageConduit d’évacuation concernéAttestation d’entretien + justificatif si ramonage requisRefoulement, monoxyde de carbone90 à 180 € avec entretien
Chaudière fioulSouvent 1 fois/an, parfois plus selon règles localesConduit de fuméeCertificat + entretien chaudièreDépôts, état du conduit100 à 180 €
Chaudière bois / biomasse1 à 2 fois/anConduit de fuméeCertificat de ramonageSuie, rendement, sécurité80 à 150 €
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Quels textes s’appliquent ?

Le texte central à connaître est le Décret n°2023-641 du 20 juillet 2023, consultable sur Legifrance. Il encadre l’entretien des appareils de chauffage et le ramonage des conduits de fumée dans les bâtiments. L’idée est simple : mieux définir les obligations liées à la sécurité des occupants, à l’état des installations et à la prévention des incendies ou des intoxications liées aux fumées.

Concrètement, la loi vise les conduits raccordés à certains équipements comme une cheminée, un poêle, un insert ou une chaudière. Le cadre national existe, mais il peut être complété par des règles locales : règlement sanitaire départemental, arrêté municipal, règlement de copropriété ou clauses du bail. C’est pour cela qu’on voit encore des différences de fréquence d’une commune à l’autre, alors même que l’obligation générale de ramoner reste bien réelle.

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Qui doit ramoner ?

La bonne réponse dépend de votre situation : logement occupé par son propriétaire, location, copropriété ou maison individuelle. En pratique, celui qui utilise l’installation prend souvent en charge l’entretien courant du conduit. Mais la répartition précise peut changer selon le contrat et l’organisation de l’habitation.

Pour éviter les litiges, le plus sûr est de vérifier trois documents : le bail, le règlement de copropriété s’il existe, et les règles locales applicables à votre commune. Cela permet de savoir qui doit faire intervenir un professionnel, qui paie, et qui conserve le certificat de ramonage.

Propriétaire

Le propriétaire doit fournir un logement décent avec une installation en bon état. S’il occupe lui-même l’habitation, c’est à lui d’organiser le ramonage et l’entretien. Dans une vente, le certificat de ramonage n’est pas toujours une pièce légalement imposée comme un diagnostic, mais il reste très utile pour rassurer l’acheteur sur l’état du conduit et l’historique d’entretien.

Locataire

Le locataire prend en charge, dans la plupart des cas, l’entretien courant de l’équipement qu’il utilise, donc le fait de ramoner le conduit concerné. Cette règle vaut souvent pour une cheminée, un poêle ou certains appareils de chauffage individuels. Si le bail prévoit autre chose, ou si l’installation est collective, il faut s’y référer.

Règles locales et copropriété

En copropriété, les conduits communs ou certaines parties de l’installation peuvent relever du syndicat de copropriété, tandis que le conduit privatif ou l’appareil individuel reste à la charge de l’occupant. Des arrêtés locaux peuvent aussi fixer une fréquence particulière. C’est pourquoi deux logements équipés de la même manière n’ont pas toujours exactement les mêmes obligations.

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Fréquence et modalités selon l’appareil

La question la plus fréquente est simple : faut-il ramoner tous les ans ? Dans beaucoup de cas, oui, et parfois davantage. La fréquence dépend du combustible, de l’intensité d’usage, de l’état du conduit et des textes locaux. Il faut aussi distinguer le conduit de fumée principal et le conduit de raccordement entre l’appareil et le conduit.

Autre point utile : ramoner ne se limite pas à un simple nettoyage visible. Le but est d’enlever la suie et les dépôts qui nuisent au tirage, à la sécurité et au bon fonctionnement. Pour être réellement couvert, mieux vaut faire intervenir un professionnel capable de délivrer un certificat de ramonage conforme.

Poêle à bois / granulés

Pour un poêle, bois ou granulés, la fréquence usuelle est de 1 à 2 ramonages par an selon l’usage et les règles locales. Avec le bois, un combustible humide ou une mauvaise installation favorisent les dépôts. Avec les granulés, le conduit s’encrasse différemment, mais l’entretien reste obligatoire pour la sécurité et le rendement.

Chaudière gaz / fioul

Pour une chaudière gaz ou fioul, il faut distinguer l’entretien annuel de l’appareil et le ramonage du conduit quand il est requis. Les obligations exactes dépendent du type de chaudière et du mode d’évacuation. En cas de doute, mieux vaut vérifier la notice de l’installation et les règles locales, car tous les conduits n’ont pas les mêmes exigences.

Cheminée traditionnelle

Une cheminée, surtout à foyer ouvert, produit souvent davantage de suie et de résidus. Dans beaucoup de zones, elle fait partie des installations pour lesquelles deux passages par an sont encore prévus ou recommandés. Si vous utilisez souvent votre foyer en hiver, attendre trop longtemps augmente les risques d’incendie du conduit et de fumées dans le logement.

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Preuves, assurance et risques

Le certificat de ramonage est le document à conserver après l’intervention. Il prouve qu’un entretien a bien été réalisé à une date précise sur un conduit identifié. En pratique, gardez aussi les factures et, si possible, tout document mentionnant l’état du conduit ou les anomalies relevées. C’est précieux pour votre suivi, mais aussi vis-à-vis de l’assurance habitation.

En cas de sinistre, l’assureur peut demander la preuve que vos obligations d’entretien ont été respectées. Si un incendie part du conduit, si des fumées refoulent dans l’habitation ou s’il y a un risque d’intoxication au monoxyde de carbone, l’absence de certificat de ramonage peut compliquer le dossier. Ce n’est pas automatique, mais vous vous exposez à des échanges plus difficiles sur la prise en charge.

Certificat de ramonage : à quoi sert-il ?

Le certificat de ramonage sert de preuve. Il indique qu’un professionnel est intervenu, sur quel conduit, et à quelle date. Ce document peut être demandé par votre assurance, votre propriétaire si vous êtes locataire, ou conservé dans le cadre d’une vente pour montrer que la cheminée ou le poêle a été entretenu sérieusement.

Quels risques si vous ne faites pas ramoner ?

Le premier risque est la sécurité : accumulation de suie, baisse du tirage, fumées qui reviennent dans le logement, départ d’incendie dans les conduits de fumée. Il existe aussi un risque sanitaire, notamment d’intoxication au monoxyde de carbone avec certains appareils de chauffage. Enfin, si un sinistre survient, l’absence d’entretien peut peser lourd dans vos échanges avec l’assureur.

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Questions pratiques et coûts

Côté prix, un ramonage coûte le plus souvent entre 60 et 130 € pour un conduit simple, avec des montants parfois plus élevés selon l’accès, la région, le type d’appareil ou si l’intervention s’ajoute à un entretien complet. Pour une chaudière ou un poêle à granulés, la facture globale peut inclure d’autres opérations de maintenance. Demandez toujours ce qui est compris : nettoyage, vérification visuelle, certificat.

Peut-on ramoner soi-même ? Pour enlever une partie des dépôts, certains particuliers font un nettoyage d’appoint. Mais pour être couvert et disposer d’une preuve opposable, l’intervention d’un professionnel reste la voie la plus sûre. Si vous avez un doute sur l’état du conduit, une odeur de fumées, des traces noires importantes, un tirage faible ou un appareil ancien, mieux vaut ne pas attendre.

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Nos conseils pour bien choisir et rester en règle

Le bon réflexe tient en trois étapes : vérifier la règle applicable à votre logement, programmer l’entretien au bon moment, puis conserver le certificat de ramonage. Si vous êtes locataire, relisez votre bail. Si vous êtes propriétaire en copropriété, regardez la part privative et la part commune. Et si vous utilisez souvent une cheminée ou un poêle, anticipez avant la saison de chauffe plutôt que dans l’urgence.

Si votre projet va plus loin qu’un simple entretien — remplacement d’un ancien appareil, abandon du fioul, passage vers une solution sans conduit, amélioration des performances — Bois & Chauffage peut vous aider à comparer les options, les aides et les contraintes d’installation. L’objectif n’est pas seulement d’être conforme à la loi, mais aussi de choisir un équipement cohérent avec votre habitation et votre budget.

Questions fréquentes

Est-il obligatoire de faire ramoner sa cheminée tous les ans ?
Très souvent oui, avec parfois une fréquence supérieure selon le combustible et les règles locales. Une cheminée, un poêle ou certains conduits liés à des appareils de chauffage doivent être entretenus régulièrement. Le plus sûr est de vérifier le Décret n°2023-641, les textes locaux et les consignes liées à votre installation.
Est-ce que l’assurance ramonage est obligatoire ?
Il n’existe pas une “assurance ramonage” obligatoire en tant que telle pour le particulier. En revanche, votre assurance habitation peut exiger que vous respectiez vos obligations d’entretien et que vous puissiez fournir un certificat de ramonage en cas de sinistre.
Quel risque si pas de ramonage ?
Le risque principal est un incendie des conduits de fumée ou un refoulement des fumées dans l’habitation. Il existe aussi un danger d’intoxication au monoxyde de carbone selon le type d’appareil. Sans preuve d’entretien, votre dossier peut aussi être plus compliqué avec l’assureur après un sinistre.
Le certificat de ramonage est-il obligatoire pour une vente ?
Ce document ne fait pas partie des diagnostics immobiliers obligatoires dans tous les cas. En revanche, il est fortement conseillé lors d’une vente, car il rassure l’acheteur sur l’entretien de la cheminée, du poêle ou du conduit concerné.
Qui doit payer le ramonage : le propriétaire ou le locataire ?
Le locataire paie souvent l’entretien courant du conduit qu’il utilise, sauf si le bail prévoit une autre répartition. Le propriétaire reste responsable de la conformité générale du logement et des grosses réparations. En copropriété, certaines parties peuvent relever des charges communes.
Peut-on ramoner soi-même son conduit ?
Vous pouvez faire un nettoyage d’appoint, mais cela ne remplace pas toujours une intervention reconnue. Pour disposer d’un certificat de ramonage utile vis-à-vis de l’assurance et pour vérifier l’état réel du conduit, passer par un professionnel reste la solution la plus prudente.

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